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Alors que se profile le Congrès mondial des parcs de l’UICN 2014 qui aura lieu à Sydney, Australie, il est temps de faire le bilan des efforts mondiaux de ces dix dernières années pour conserver les plus importants paysages terrestres et marins. Vous trouverez ci-dessous une liste des plus importantes évolutions concernant les aires protégées depuis le précédent Congrès mondial des parcs de l’UICN organisé à Durban, Afrique du Sud, en 2003 – qui peut être considéré, à de nombreux égards, comme le déclencheur de ces transformations. La dernière décennie a en effet été marquée par plusieurs réalisations notables, mais aussi par de gros revers et des mesures urgentes sont nécessaires pour garantir les gains obtenus en matière de conservation ces dernières décennies. Les réflexions ci-dessous sont un aperçu des thèmes qui seront abordés lors du Congrès mondial des parcs de l’UICN 2014, et de ce que la Promesse de Sydney, son principal document final, abordera.

Réalisations

Une décennie de croissance : Au cours des dix dernières années, environ 14 millions de km2 dans le monde ont été ajoutés aux aires protégées déjà existantes – soit une zone de la taille de l’Antarctique. Le nombre total de sites répertoriés dans la base de données Protected Planet, produite par le Centre mondial de surveillance de la conservation du PNUE et la Commission mondiale des aires protégées de l’UICN, a doublé depuis 2003 et on dénombre aujourd’hui plus de 200 000 sites protégés. Le rapport Protected Planet de 2014 sera lancé lors du Congrès mondial des parcs de l’UICN à Sydney et inclura les chiffres les plus actualisés.

Des accords mondiaux essentiels pour les aires protégées : S’appuyant sur les débats de Durban, près de 200 nations ont accepté, lors de la réunion de la Convention sur la diversité biologique de 2004, le premier accord mondial sur les aires protégées (le Programme de travail) puis elles se sont fixés en 2010 des nouveaux objectifs mondiaux pour assurer la protection d’au moins 17% des zones terrestres et 10% des océans d’ici à 2020. Fin 2014, nous sommes à mi-chemin des objectifs devant être atteints en 2020.

Un grand progrès dans la conservation des océans : Les aires maritimes protégées ont connu la plus forte croissance de leur histoire depuis le Congrès de Durban, passant de moins de 1% à environ 3% aujourd’hui. Les États-Unis, la Nouvelle Calédonie et les îles Cook ont fait des annonces importantes sur la création de nouvelles aires protégées marines immenses dans l’océan Pacifique. Cependant, malgré ces progrès, la superficie des océans actuellement protégés est toujours bien inférieure à l’objectif mondial de 10% et les hautes-mers, c’est-à-dire les zones situées en dehors de toute juridiction nationale, sont particulièrement sous-protégées. De nouvelles promesses relatives à la conservation du milieu marin devraient voir le jour à la suite du Congrès de Sydney.

Une plus grande reconnaissance des aires conservées par les populations autochtones : Le Congrès de Durban a inauguré un nouveau modèle pour les aires protégées, basé sur le respect des droits des populations autochtones et des communautés locales. Depuis 2003, on assiste à une reconnaissance croissante des diverses façons dont les aires protégées sont gouvernées et gérées dans le monde, et notamment du rôle des populations autochtones pour les préserver. En Mésoamérique par exemple, environ 60% des aires protégées sont établies sur des territoires autochtones. En Australie, plus de 20 millions d’hectares ont été déclarés ‘aires protégées autochtones’ en un peu plus de 10 ans – et le mouvement s’accentue dans le monde.

Les engagements de ne pas pénétrer dans les sites du Patrimoine mondial : Les gouvernements et la société civile ont affirmé à de nombreuses reprises que les sites du Patrimoine mondial – des lieux reconnus pour leur valeur universelle exceptionnelle – devaient être des zones dans lequel les entreprises, notamment les entreprises minières et extractives, ne pénétraient pas. Lors du Congrès de Durban, le Conseil international des mines et métaux, représentant 22 entreprises du secteur des mines et des métaux, ainsi que 32 associations minières et industrielles, ont promis de respecter les aires protégées légalement désignées, et, plus spécifiquement, de ne pas exploiter ou de ne pas excaver à l’intérieur des sites naturels classés sur la Liste du Patrimoine mondial. Depuis lors, plusieurs autres grandes entreprises, notamment Shell et Total, ont continué le mouvement en s’engageant à ne pas pénétrer dans les sites du Patrimoine mondial. Cependant, de nombreux sites du Patrimoine mondial, notamment le Parc national de Virunga, le plus ancien Parc d’Afrique et également celui abritant la plus grande richesse biologique, subissent actuellement la pression des industries extractives, et de nombreuses autres aires protégées font face à de nombreux problèmes provenant des industries extractives et d’autres industries terrestres et marines.

Les aires protégées fonctionnent ! Avec une décennie de recul depuis Durban, nous avons la preuve que des aires protégées bien gérées et dotées de ressources adéquates atteignent leurs objectifs de conservation et offrent des avantages importants aux populations. Des études récentes montrent que les espèces menacées en dehors des aires protégées se dirigent vers l’extinction deux fois plus vite que celles situées à l’intérieur des zones protégées. Les aires protégées offrent de l’eau potable à plus d’un tiers des 100 plus grandes villes du monde, stockent la même quantité de carbone que les forêts humides tropicales et offrent des emplois et des moyens d’existence à des millions de personnes dans le monde.

Aux États-Unis, le bassin versant des Catskills offre de l’eau potable à neuf millions de New Yorkais, ce qui fait économiser des milliards de dollars en coûts d’infrastructures. Les aires protégées du Mexique offrent un retour sur investissement de 50 dollars pour chaque dollar investi avec les services de protection climatique. À la suite du tremblement de terre et du tsunami de 2011, le Japon a lancé un projet écologique de reconstruction de la côte dévastée, pour la protéger de catastrophes futures. Enfin, la Grande barrière de corail australienne ajoute plus de 5,5 milliards de dollars australiens à l’économie australienne et crée près de 70 000 emplois.

Défis à venir

La crise croissante du braconnage : La dernière décennie a vu la crise du braconnage s’intensifier en Afrique, avec quelques 100 000 éléphants tués illégalement entre 2010 et 2012. Depuis 2010, plus de 3 000 rhinocéros ont été victimes du braconnage en Afrique du Sud. Le parc national Kruger, pourtant un symbole sud-africain, a récemment été décrit comme « une zone de guerre ». Les crimes perpétrés contre la vie sauvage sont devenus une menace sérieuse à la stabilité et la richesse de plusieurs pays. Au cours des dix dernières années, plus de 1 000 gardes forestiers ont été tués dans le monde et un grand nombre blessés, la plupart par des braconniers et des groupes criminels organisés. L’ampleur et l’impact du commerce illégal de la vie sauvage, et les nouvelles approches pour le combattre, seront débattus au Congrès de Sydney.

Les aires protégées sont-elles vraiment protégées ? Malgré leur protection officielle, l’exploitation illégale du bois, l’exploitation minière et l’extraction d’autres ressources sont en hausse dans de nombreuses aires protégées du monde. Dans certains cas, les gouvernements ont permis l’affaiblissement des aires protégées existantes, et dans d’autres, la réduction de leurs effectifs ou la suppression de leur protection juridique. Selon des études récentes, un quart seulement des aires protégées dans le monde ont mis en place une gestion adéquate. Des études récentes en Amérique latine ont par exemple révélé, au cours de ces dernières années, une augmentation dramatique de 250% de la perte des forêts dans les aires protégées. Cependant, il existe des exemples réussis de gestion d’aires protégées en faveur des populations et de la planète, qui seront présentés dans la Liste verte des aires protégées, dont la première version sera lancée à Sydney.

La qualité, pas la quantité : Les pays ont accru leurs efforts pour atteindre les objectifs mondiaux de protection de 17% de la superficie terrestre et de 10% des océans d’ici à 2020, néanmoins on note que les progrès pour atteindre les objectifs relatifs au milieu marin sont beaucoup plus lents. Parallèlement, alors que l’ampleur de la couverture des aires protégées est placée au centre du débat, d’autres aspects, comme l’identification des aires d’importance particulière pour la biodiversité et la représentation écologique, sont largement négligés. Aujourd’hui, une espèce menacée sur cinq n’est protégée par aucune aire protégée, et seulement un tiers des zones clés pour la biodiversité dans le monde sont des aires protégées.

Changements climatiques : faire face à des défis de poids : Il y a seulement dix ans, la plupart des professionnels des aires protégées pensaient à peine aux changements climatiques, qui ont donc à peine été mentionnés lors du précédent Congrès mondial des parcs à Durban. À Sydney, la réponse à apporter aux changements climatiques sera un thème essentiel – depuis l’accroissement des investissements dans les solutions climatiques naturelles jusqu’à une meilleure gestion des aires protégées face aux changements climatiques. Nous savons également aujourd’hui que les aires protégées comptent parmi les plus grands stocks gérés de carbone au monde, puisqu’on estime qu’elles contiennent au moins 15% du carbone terrestre de notre planète. Les aires protégées offrent également des défenses naturelles qui aident les populations à s’adapter aux effets négatifs des changements climatiques. Elles réduisent l’impact des catastrophes (ouragans, inondations et glissements de terrain) en agissant comme des tampons pour les communautés face aux événements climatiques extrêmes. Il est certain que sans les aires protégées, il serait encore plus difficile de répondre aux défis posés par les changements climatiques.

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